Oniromancie, art divinatoire

Jusqu’aux environs de 1910, l’astrologie médiévale perd ses lettres de noblesse et se retrouve au niveau de la chiromancie, de l’oniromancie et de toutes les formes de l’occultisme (M. Boll,Qq. sciences captivantes,1941, p. 209).

L’oniromancie ou onéiromancie vient du grec signifiant songe et divination. Il s’agit d’un art divinatoire utilisant les rêves.

Cette divination avait une place importante dans de nombreuses civilisations antiques, notamment en Égypte antique, selon un livre de sagesse, les dieux auraient créé les songes pour délivrer des messages aux humains. Alors qu’en Chine, les Mémoires du Coffret de Jade sont une compilation de rêves prémonitoires.

Lire aussi : L’incubation, un rite permettant la rencontre entre l’homme et le divin

Un oniromancien est une personne qui pratique l’oniromancie. De même que les Étrusques croyaient qu’il existait des foudres à valeur divinatoire et des foudres purement naturelles, de même les oniromanciens et les philosophes ont, au cours des siècles, divisé les rêves en plusieurs catégories (Divin.1964).

L’interprétation des rêves ou l’oniromancie nécessite de nombreuses informations sur le rêve et le rêveur : le contexte, les détails même infimes du rêves, les désirs, les colères, … Certains définissent oniromancie comme le fait de prédire l’avenir à travers l’interprétation des rêves.

D’après Pierre Sineux*, « c’est dans le premier chapitre du deuxième livre consacré à la « divination par les songes ou oniromancie » que l’on trouve abordée frontalement la question de l’incubation ».

Ce dernier explique qu’Auguste Bouché-Leclercq « développe tout d’abord le thème de l’oniromancie ou interprétation des songes (équivalent de ὀνειρομαντεία – ὀνειρο­σκοπία – ὀνειροκριτική – ὀνειροκρισμία) qu’il définit comme un ‘mode de divination’ ayant fait l’objet d’un ‘consensus universel’ chez les peuples de l’Antiquité, une pratique ‘aussi vieille que le monde’, ce qui s’expliquerait par le fait que ‘pris dans son ensemble, le monde antique n’a jamais douté un seul instant que les songes ne fussent suscités dans l’âme par une influence divine’. Il distingue alors ‘deux opérations successives, l’observation des signes, ou oniro­scopie proprement dite, et leur interprétation ou onirocritique' ».

Pierre Sineux, historien de la Grèce antique, atteste que « le fait d’intégrer l’incubation à la branche de la divination relative à l’oniro­mancie a une conséquence importante ». Le chercheur explique qu’A. Bouché-Leclercq « sépare, au moins momentanément, le procédé lui-même (le fait de venir dans un sanctuaire pour y dormir et faire un rêve…) de la finalité qui peut lui être assignée, ce qui lui évite de confondre d’emblée, comme l’ont fait nombre de ses prédécesseurs, la question de l’incubation avec celle des guérisons survenues en contexte religieux ».

*Pierre Sineux, « L’incubation dans L’Histoire de la divination dans l’Antiquité d’Auguste Bouché-Leclercq », Kernos, 26 | 2013, 191-204.

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