Le Vampire au cinéma

Matthieu Orléan est le commissaire de l’exposition Vampires (2019)

Il explique à Catherine Guesde que le Vampire « incarne tour à tour le pouvoir, le parasite, la passion. De la littérature au grand écran, le Vampire voyage et se métamorphose » :

Surgie des tréfonds du Moyen-Âge, la légende du vampire prend corps à la fin du XIXe siècle avec Dracula, l’illustre roman de Bram Stoker. Le cinéma émerge au même moment, qui ne tarde pas à s’emparer du mythe naissant pour le nourrir et le décliner avec frénésie et irrévérence. L’exposition Vampires raconte ces deux histoires parallèles, la fascination des cinéastes du monde entier pour cette icône ténébreuse et sexy. Elle montre son pouvoir d’attraction qui a depuis longtemps débordé le strict cadre du cinéma, contaminant la peinture, la photographie, la littérature ou plus récemment la série télé. Elle célèbre le gotha cinéma, Coppola, Christopher Lee, Lugosi, Deneuve, Herzog, Bigelow, Browning, Adjani, Bowie, Pattinson ou Tim Burton, qui depuis un siècle s’est frotté à Dracula. Peuplée d’artistes hantés par son ombre noire (Warhol, Goya, Saint Phalle), riche de centaines d’extraits, elle révèle l’empreinte indélébile posée par le vampire sur cent ans de culture populaire, de Murnau à Twilight, de Dreyer à True Blood.

Voir le résumé de l’exposition qui a eu lieu du 9 octobre 2019 au 19 janvier 2020 à la Cinémathèque.

Dans un entretien avec Catherine Guesde, le 17 janvier 2020 pour le site La Vie des Idées, Matthieu Orléan explique les différences caractéristiques des vampires selon les cinéastes.

Ainsi, Friedrich Wilhelm Murnau inclut le soleil comme « source de destruction » du vampire dans son film « Nosferatu le vampire », alors que le soleil pour Bram Stoker, dans son livre « Vampire » est une « source d’affaiblissement ». Voici une des différences entre le film et le livre.

Le soleil, « source de destruction » est une « invention que l’on va retrouvé dans beaucoup de film quasiment tous les films et les séries télévisés qui ont été postérieurs à Murnau n’ont pas tellement remit en question ce postulat, mais ont suivi plutôt cette idée qui le vampire effectivement est détruit par la lumière du soleil ».

Matthieu Orléan fait le lien entre le vampirisme et le cinéma. Ainsi, que révèle l’histoire du vampire de celle du cinéma. De même, la non mort des acteurs et actrices qui incarnent des vampires, car finalement ils ne meurent pas réellement.

« Tout d’un coup, il m’est apparu qu’il y avait dans le dispositif même du cinéma quelque chose d’un dispositif vampirique. Le cinéma est évidement de tous les arts celui qui expérimente le plus le temps, son étirement, son éternel retour, ainsi que l’art des métamorphoses, l’art des effets spéciaux, donc il y a quelque chose qui évidement colle au sujet (du vampire, ndb) mais en allant plus loin il y a quelque chose d’essentiel ».

L’ouvrage collectif de cette exposition, « Vampires », dirigé par Matthieu Orléan en collaboration avec Florence Tissot propose des essais et entretiens avec plusieurs spécialistes, dont Francis Ford Coppola, Werner Herzog, Olivier Assayas, Albert Serra et Bertrand Mandico. Le livre comporte aussi une filmographie très complète de plus de 300 films de 1913 à 2020 sur les suceurs de sang.

19,5 x 26 cm – 256 pages – 160 illustrations – Une coédition Réunion des musées nationaux – Grand Palais (Rmn-GP) / La Cinémathèque française

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