Ursula Kemp, la guérisseuse

Ursula Kemp ou Ursley Kempe (parfois Grey) est une guérisseuse et sage-femme anglaise pendue pour sorcellerie en 1582. Elle était accusée d’avoir utilisé des génies familiers pour rendre malades ou tuer ses voisins.

Née vers 1525 à St Osyth, Essex, en Angleterre, elle est réputée dans la région pour ses dons de guérisseuse. Elle est d’ailleurs fréquemment consultée par ses voisins pour guérir toutes sortes d’affections ou de maladies.

Vers la fin de sa vie, elle est accusée d’avoir intentionnellement utilisé ses savoirs pour provoquer des maladies et causer la mort d’une certaine Edna Strattonoqul et de deux enfants, Joan Thurlow et Elizabeth Letherdaleale.

Elle est aussi accusée d’avoir prononcé des malédictions contre plusieurs familles de son entourage. Ces malédictions auraient alors entraîner la mort de plusieurs membres de ces familles.

Son procès en sorcellerie se tient à Chelmsford, au nord-est de Londres, en février 1582. Plusieurs de ses voisins témoignent contre elle et contre son amie Alice Newman devant le juge Brian Darcy.

Ainsi, sa voisine et ancienne amie Grace Thurlow affirme avoir demandé l’aide d’Ursula pour soigner son fils, Davy, malade. Ce dernier se serait rétablit grâce à ces soins.  Mais quelque temps plus tard, Grace et Ursula ont une dispute à propos des soins à apporter au bébé de Grace, Joan. Seulement âgé de quelques mois celle-ci tombe de son berceau et meurt d’une fracture du cou.

Quelques mois plus tard, Grace Thurlow se met à boiter et demande à nouveau l’aide d’Ursula, qui accepte de la guérir pour la somme de 12 pence. Malgré l’amélioration de son état, Grace refuse de régler la guérisseuse, arguant qu’elle n’en a pas les moyens.

Une dispute éclate, au cours de laquelle Ursula menace de se venger. Le témoignage de Grace Thurlow pointe que depuis cet incident son fils et elle ont tous deux rechuté. Elle l’accuse également d’être la cause de la mort de sa fille Joan.

Alice Letherdale dit de son côté avoir refusé de lui donner une certaine quantité de « sable à récurer » (un nettoyant abrasif) que la sage-femme lui demandait, au motif qu’elle « savait qu’Ursula Kemp était une bête mauvaise » (naughty beast).

Peu après, sa fille Elizabeth aurait croisé Ursula, qui lui aurait « murmuré » quelque chose. Quand Elizabeth tombe malade et meurt, Alice Letherdale accuse la guérisseuse de lui avoir jeté un sort mortel.

Thomas, le fils de huit ans d’Ursula, témoigne que sa mère possède quatre génies familiers, qu’il décrit comme un chat gris nommé Tyffin, un agneau appelé Tyttey, un crapaud noir qui répond (ou pas…) au nom de Pygine et un chat noir nommé Jacke.

Il prétend avoir vu sa mère leur donner de la bière et des gâteaux, et les avoir laissé sucer le sang de son corps. Il affirme que sa mère a donné à Alice Newman un pot de terre cuite, contenant les génies familiers. Puis que quelques jours plus tard, Alice Newman a confié à sa mère qu’elle avait envoyé les esprits tuer un homme de la région et de son épouse.

Le squelette présumé d’Ursula Kemp en 1921

Quelques siècles plus tard, en 1921, un homme de la région trouve deux squelettes en faisant des travaux dans son jardin. Persuadé d’avoir retrouvé les dépouilles de deux sorcières, il démarre un commerce florissant en faisant payer ses voisins pour voir les restes de ces malheureuses.

Des années plus tard, en 1932, un incendie d’origine inconnue ravage sa maison. La légende veut qu’Ursula désapprouvait la fonction commerciale qu’on faisait de sa dépouille et mis feu à la maison pour se venger.

En 2007, l’historienne Alison Rowlands indique que les squelettes pourraient être ceux de n’importe lesquelles des dix femmes qui ont été exécutées pour sorcellerie aux XVIe et XVIIe siècle.

Une datation au carbone est réalisée sur les restes en question, et parvint à la conclusion qu’il ne pouvait s’agir de ceux d’Ursula Kemp, car il était impossible que ceux-ci du XVIème siècle, la présence de clous de fer dans différentes parties du squelette en attestait. Le corps fut finalement à nouveau inhumé le 15 avril 2007, en la présence de représentants à la fois chrétiens et païens, pour le symbolisme. Mais l’histoire ne s’arrête encore pas là.

Il existe un site spécialisé sur Ursula Kemp au Royaume-Uni : www.ursulakemp.co.uk  Le site met en avant un documentaire réalisé sur la jeune femme.

La même année, un réalisateur de documentaires nommé John Warland se penche sur le cas d’Ursula Kemp, et parvint à mettre la main sur ses restes présumés pour les besoins de « Witch finder« , un documentaire basé principalement sur l’histoire de la sorcellerie à l’est de la Grande Bretagne au XVIème et XVIIème siècle.

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