Les « Sorcières modernes » des Etats-unis d’Amérique

Née en 1984, Frances F. Denny est artiste et photographe. Ses travaux portent sur l’identité fémininen et est actuellement représenté par la galerie ClampArt à New York.

La première monographie de Frances, Let Virtue Be Your Guide, a été publiée en 2016 par Radius Books . Grâce à une bourse de recherche, obtenue en 2016, par la Fondation des arts de New York en photographie, elle a remporté de nombreux prix, notamment le 30ème anniversaire de PDN, le talent émergent de LensCulture, Magenta Flash Forward et Critical Mass.

Titulaire d’une maîtrise en beaux-arts de la Rhode Island School of Design, elle vit à Brooklyn, N20Y, où elle équilibre son travail artistique et son travail de photographe éditorial et commercial.

Sa série de photo « Major Arcana: Witches in America » tente de prouver que « le ‘sorcière’ ne signifie pas une seule chose, mais suppose une multitude d’identités». Cette dernière a expliqué à Slate «à mes yeux, la sorcellerie et le féminisme vont de pair. La croyance féministe est un courant sous-jacent important chez la grande majorité de mes sujets».

Son travail est exposé à la galerie ClampArt à New York jusqu’au 24 novembre 2018. «Major Arcana: Witches in America» est une collection de portraits de femmes américaines, se considérant et s’identifiant comme « Sorcières’.

«J’ai appelé ma série Major Arcana en référence au tarot, l’outil de divination occulte. Les arcanes majeurs composent la combinaison de cartes centrales dans un jeu de tarot. Chaque carte possède un sens allégorique, qui peut être lu en combinaison avec les cartes d’arcanes mineures», a expliqué la jeune femme à Slate.

D’après le site de la galerie,

Chaque femme photographiée pour «Major Arcana» poursuit une forme de sorcellerie, qu’elle soit liée à une religion (comme la Wicca ou Voudou) ou à une pratique définie par elle-même. Beaucoup se considèrent comme païens et s’engagent dans une diversité de traditions, y compris : le mysticisme, l’engagement dans l’occulte, l’activisme à caractère politique, le polythéisme, la fabrication de sortilèges ritualisée et la guérison à base de plantes.

L’intérêt de Frances F. Denny pour les sorcières modernes a commencé quand elle a découvert, au cours de ses recherches concernant un travail antérieur, que sa 8ème arrière-grand-mère avait été accusée de sorcellerie en 1674 à Northampton, dans le Massachusetts, et que près de 20 ans plus tard, en 1692, son 10ème arrière-grand-père a présidé en tant que juge aux procès des Sorcières de Salem.

«J’ai commencé à travailler sur le mon projet Major Arcana voilà trois ans, mais mon attrait initial pour le sujet des sorcières date d’il y a plusieurs années, lorsque j’ai effectué des recherches sur l’ascendance de ma famille pour un autre sujet intitulé Let Virtue Be Your Guide», a-t-elle précisé à Slate.

«La coïncidence ancestrale est restée avec moi. J’ai commencé à penser à la figure de la “sorcière” en tant qu’archétype féminin. J’avais également l’impression qu’il existait des gens pratiquant la sorcellerie moderne, que je connaissais très peu. J’ai décidé de me renseigner sur ce qu’elle signifie pour celles et ceux qui la pratiquent, et de découvrir à qui appartient ce terme de ‘sorcière’».

À la recherche de sa réponse, la jeune femme a traversé le pays, rencontrant et photographiant des sorcières d’origines diverses ayant des liens divers avec la pratique de la sorcellerie. «J’ai commencé à travailler avec quelques noms de personnes que je connaissais déjà, et j’en ai appelées d’autres sans les connaître préalablement. De fil en aiguille, j’ai obtenu d’autres contacts et mon projet s’est développé très facilement», a-t-elle indiqué à Slate.

L’oppression historique de ceux qui pratiquaient (ou étaient simplement accusés de pratiquer) la sorcellerie est bien connue. Dès le XVe siècle en Europe, les condamnés pour Sorcellerie étaient soumis à la torture et même à la mort.

Cependant, au cours des dernières décennies, le mot «sorcière» a été repris. Au milieu du XXe siècle, des communautés païennes émergentes aux États-Unis et en Europe ont commencé à adopter ce terme. Depuis lors, «sorcière» a été adopté par un groupe diversifié de personnes.

« Major Arcana » reflète ce spectre, selon le communiqué de la galerie. Ainsi, en recréant la sorcière comme un archétype féministe et l’incarnation contemporaine d’une féminité provocante et non sanctionnée, elle parvient à montrer la femme/la sorcière telle qu’elle est.

Aujourd’hui, alors que la vague de féminisme actuelle se caractérise par un militantisme politique, #metoo et l’intersectionnalité – sans parler d’une certaine tendance culturelle – la sorcellerie est soudain de nouveau pertinente, note ClampArt.

«D’un côté, on trouve les sorcières avec un grand S, les wiccans. La wicca (ou wiccanisme) est une religion païenne consacrée à la pratique de la sorcellerie. Elle est divisée en une variété de branches, inspirées par des figures comme Starhawk ou Zsuzsanna Budapest. D’un autre côté, vous avez ce que j’appelle des sorcières avec un petit ‘s’, qui n’ont pas nécessairement des appartenances païennes ou religieuses, mais qui revendiquent le fait d’être une sorcière comme identité féministe et/ou politique. Il existe aussi des sorcières qui ne sont pas païennes mais qui pratiquent la divination (comme le tarot), la magie ou l’astrologie, et travaillent avec des objets rituels tels que des cristaux et des bougies.

La sorcellerie m’est souvent décrite comme une reconquête du “féminin divin”, en ce sens que les histoires et le pouvoir des femmes ont été occultés et supprimés pendant la majeure partie de l’histoire humaine.

La sorcière est un archétype féministe, qui incarne une féminité contemporaine provocante et libre. L’une des choses les plus frappantes que j’ai découvertes au cours de ce projet était la diversité de la communauté de la sorcellerie en termes d’âge, d’ethnicité, de milieu socioéconomique, de géographie… Je voulais créer un esprit de résistance farouche dans les portraits, laisser voir une puissance et une énergie inhérentes à chacun de mes sujets en tant qu’individu, au sein de cette collection d’images», conclut la jeune femme.

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