La Sorcière vue par Jules Michelet

Jules Michelet

Jules Michelet (1798 – 1874), historien français, écrit un essai intitulé La Sorcière, publié en 1862 à Paris. L’ouvrage présente une vision romantique de la Sorcière et est considéré, après L’Amour (1858) et La Femme (1859) comme le troisième volet d’une trilogie consacrée par Jules Michelet à la femme.

Menacé d’être saisie, le livre connaît une vague de scandale, car Jules Michelet est accusé de s’être livré à une apologie du satanisme, et ses amis l’accusent d’obscurantisme ce qui signifie. Il est également vivement critiqué par le pouvoir politique et l’Eglise.

D’ailleurs ses propos envers l’Eglise expliquent ces polémiques, il écrit : « Voyez au contraire l’impuissance de l’Église pour engendrer. Comme ses anges (représentants de l’église, ndb*) sont pâles, à l’état de grisaille, diaphanes ! On voit à travers ».

Michelet retrace l’Histoire de la Sorcière, dans le style plus romanesque qu’historique, avec un ton dramatique, relatant de l’histoire d’une Sorcière imaginaire, victime de la société.

Jules Michelet décrit longuement la Sorcière dans son livre :

« Nature les a fait sorcières ». — C’est le génie propre à la Femme et son tempérament. Elle naît Fée. Par le retour régulier de l’exaltation, elle est Sibylle. Par l’amour, elle est Magicienne. Par sa finesse, sa malice (souvent fantasque et bienfaisante), elle est Sorcière, et fait le sort, du moins endort, trompe les maux.

Ce dernier continue et justifie la position de la Femme dans la société :

La femme s’ingénie, imagine ; elle enfante des songes et des dieux. Elle est voyante à certains jours ; elle a l’aile infinie du désir et du rêve. Pour mieux compter les temps, elle observe le ciel. Mais la terre n’a pas moins son cœur. Les yeux baissés sur les fleurs amoureuses, jeune et fleur elle-même, elle fait avec elles connaissance personnelle. Femme, elle leur demande de guérir ceux qu’elle aime.

L’auteur explique en quelques lignes les raison de la Chasse aux Sorcières : Au mot Sorcière, on voit les affreuses vieilles de Macbeth. Mais leurs cruels procès apprennent le contraire. Beaucoup périrent précisément parce qu’elles étaient jeunes et belles.

Oublié, l’ouvrage sera de nouveau réédité dans les années 1950-1960 par les historiens des Annales et leurs successeurs.

L’ouvrage se compose de deux parties comprenant chacune douze chapitres.

Le Livre Premier comprend les chapitres : La mort des dieux ; Pourquoi le moyen âge désespéra ; Le petit démon du foyer ; Tentations ; Possession ; Le pacte ; Le roi des morts ; Le prince de la nature ; Satan médecin ; Charmes, philtres ; La communion de révolte — Les sabbats — La Messe noire ; Suite — L’amour, la mort — Satan s’évanouit.

Le Livre Deuxième est composé des chapitres : Sorcière de la décadence — Satan multiplié, vulgarisé ; Le marteau des sorcières ; Cent ans de tolérance en France. Réaction ; Les sorcières basques. 1609 ; Satan se fait ecclésiastique. 1610 ; Gauffridi. 1610 ; Les possédées de Loudun. Urbain Grandier. 1632-1634 ; Possédées de Louviers. Madeleine Bavent. 1633-1647 ; Satan triomphe au XVIIe siècle ; Le P. Girard et la Cadière. 1730 ; La Cadière au couvent. 1730 ; Le procès de la Cadière. 1730-1731.

Télécharger l’ouvrage ici 

*ndb : note du bloggeur

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