« Le diable en procès » de Martine Ostorero et Étienne Anheim

Mettre « le diable en procès », telle est l’ambition de ce numéro thématique portant sur la démonologie et la sorcellerie. En cela, nous suivons les hommes de la fin du Moyen Âge et leurs chasses aux sorcières, qui donnaient lieu à l’inculpation d’individus en tant que suppôts du diable, qu’ils fussent sorciers, magiciens ou autres manipulateurs de forces démoniaques.

Mais l’historien mène un procès bien plus vaste : soumettre le diable à la question, c’est l’étudier comme un pan de l’anthropologie chrétienne mais aussi s’interroger sur les conceptions médiévales des rapports entre l’homme et les forces occultes, et leurs conséquences sur les liens entre savoir et pouvoir en Occident. (…)

D’une part, il faut rappeler la dimension juridico-politique du « diable en procès » : l’inculpation du diable et la répression des sorciers et sorcières avec des instruments judiciaires particuliers tels que la procédure inquisitoire, secrète et extraordinaire, prennent place dans l’histoire de la souveraineté et de la mise en ordre de la société occidentale au sortir du Moyen Âge.

D’autre part, le diable appartient à la sphère culturelle et chrétienne, parce que la théologie et le droit sont le plus souvent l’apanage des clercs, du moins à l’origine, mais aussi parce qu’il met en jeu les liens de l’homme avec le surnaturel et avec Dieu …

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