Yuki Onna, la fele fantôme des neiges

Yuki Onna, signifiant femme des neiges en japonais, est un Yûrei, un fantôme japonais, faisant partie des Yôkai, nom des êtres surnaturels comme les esprits, démons et des divers monstres du folklore du Japon.

Cette femme est de grande taille (+3 m), très belle et son attitude est sereine, avec toutefois un regard dit diabolique capable de tuer. Elle peut avoir les cheveux noirs ou blancs.

Illustration de Yuki-onna par Sawaki Suushi, tiré du Hyakkai-Zukan, 1737.
Illustration de Yuki-onna par Sawaki Suushi, tiré du Hyakkai-Zukan, 1737.

Ses lèvres sont bleues, rappelant la glace ou la couleur d’une personne morte de froid. Sa peau est inhumainement blanche, quasiment transparente, lui permettant de ne pas être visible dans un paysage de neige. Elle porte parfois un kimono blanc, et certaines légendes la décrivent nue.

Elle se déplace en flottant, car elle n’a pas de pieds comme l’ensemble des représentations de fantômes japonais. Si elle se sent menacée, elle peut se transformer en épais brouillard ou en neige. D’ailleurs, elle apparaît surtout la nuit, en pleine tempête de neige.

Les voyageurs sont ces principales cibles, afin de les geler avec son propre souffle, ou les perdre pour qu’ils finissent par mourir de froid naturellement. Yuki Onna utilise la faiblesse des hommes pour aspirer leur vie ou les geler pendant l’acte sexuel.

Dans la préfecture d’Aomori, Yuki Onna apparaît souvent aux parents ayant perdus un enfant, avec un bébé dans les bras. Elle leur demande de le tenir, une fois dans les bras, l’enfant grossi démesurément jusqu’à ce que la victime ne puisse plus bouger et meure gelée.

Elle peut aussi mener attaquer des habitations avec son souffle, provoquer des rafales qui ouvrent les portes, faisant mourir de froid ses victimes. Mais il faut l’inviter à entrer pour qu’elle puisse pénétrer dans les maisons et agir.

Dans la préfecture de Niigata, elle gèle les gens mais elle arrache aussi le foie des enfants vivants.

Dans celles d’Iwate et de Miyagi, elle aspire la vie de ses victimes, et quelque fois leur sang. D’ailleurs, à Iwate, elle peut apparaître les nuits de pleine lune ou le 15 janvier, appelé koshôgatsu ou « petit nouvel an ».

Dans la préfecture d’Ibaraki, elle appelle les passants. Si ils l’ignorent, elle les pousse dans un ravin.

Elle peut parfois épargner la vie de certaines personnes, qui ont raconté leur histoire, il s’agit surtout d’hommes jeunes et beaux.

Dans le district de Nishitsugaru à Aomori, elle apparaît pendant un mois à partir du jour de l’an et repart le 1er février. Elle devient alors un Toshigami, une « Divinité de la nouvelle année« .

Illustration de Yuki-onna par Toriyama Sekien, extraite du Gazu hyakki yagyō, 1781.
Illustration de Yuki-onna par Toriyama Sekien, extraite du Gazu hyakki yagyō, 1781.

La Yuki Onna possède plusieurs noms comme Yuki Musume (fille de la neige), Yuki Onago (femme des neiges), Yuki Jorô (courtisane des neiges), Yuki Anesa (sœur de la neige), Yuki Onba (nourrice des neiges); Yuki Banba (Ehime) la vieille femme, Yuki Nyôbô (épouse de la neige), Yuki Hime (princesse des neiges) et Tsurara Onna (femme des stalactites).

La légende écrite par Lafcadio Hearn (ou Yakumo Koizumi 1850-1904), dans son recueil « Kwaidan : Stories and Studies of Strange Things », publié en 1904, est la plus célèbre. Il tire cette histoire d’un fermier de la province de Musashi, actuelles préfectures de Tôkyô et Saitama.

Lors d’une terrible tempête, le bûcheron Mosaku et son apprenti Minokichi, âgé de 18 ans, se réfugient dans une petite cabane au milieu de la forêt. Pendant la nuit, le feu dans la cheminée s’éteint, réveillant Minokichi. Il vit dans la petite pièce une jeune femme d’une grande beauté et vêtue d’un kimono blanc. Elle avait la peau d’une blancheur irréelle, de longs cheveux noirs et des lèvres bleues. Quand elle marchait, elle semblait glisser au-dessus sur le sol. Elle se penche sur le bûcheron et lui souffle son haleine glaciale au visage, le tuant sur le coup. Puis elle se retourne vers son apprenti, tétanisé par la peur, et lui dit : « Je ne vous tuerai point si vous promettez de ne jamais raconter ce que vous avez vu ce soir ». Le lendemain matin, Minokichi se réveille et se rend compte du décès de son patron.

Plus tard, Minokichi rencontre une jeune fille, se prénommant Oyuki (yuki signifiant « neige« ) et l’épousa plus tard. Ils eurent  de nombreux enfants et passèrent de merveilleuses années ensemble. Un jour, alors qu’il la regardait coudre, il lui raconta l’histoire de cette étrange nuit où il avait rêvé ou peut être rencontré la reine des neiges. En l’entendant, Yuki Onna se mit en colère et l’abandonna, elle épargna sa vie en raison de leurs enfants mais elle lui promit de venir le châtier s’il n’était pas un bon père pour eux. Puis elle se transforma en masse de brouillard blanc et disparut par le trou de la cheminée.

Dans le Sôgi Shokoku Monogatari, la Yuki Onna est aperçue à la lisière d’une forêt de bambou, vêtue d’un kimono simple, avec un air étrange. Âgée de la vingtaine, elle apparaît comme quasi-transparente, et d’une hauteur de plus de 3 mètres.

Dans la région d’Oguni, préfecture de Yamagata, elle est appelée Yuki Jorô ou Courtisane des neiges. Elle apparaît les nuits de pleine lune et de forte neige. Elle est ici une divinité de la lune qui, s’ennuyant dans le Royaume Céleste, serait descendue explorer la Terre. Elle n’aurait plus jamais réussi à retourner chez elle, alors elle enlève des enfants et est toujours accompagnée de ses enfants.

Une autre légende est racontée celle de Mizuki Shigeru (1922- ), auteur du manga Ge Ge Ge no Kitarô. Celle-ci raconte qu’un chasseur et son fils se trouvaient dans les monts Okuchichibu, surpris par le blizzard, ils sont retrouvés complètement aveuglés. Une fois la nuit tombée, ils voient la silhouette d’une femme. Cependant, le père interdit à son fils de la regarder ou même de lui adresser la parole. Le fils jette tout de même un coup d’œil et en partant. Il voit une femme très pâle vêtue d’un kimono à rayures rouges qui les fixait, avant d’accélérer le pas et de s’évanouir dans la tempête. Une fois rentrés et en sécurité, le père a expliqué à son fils qu’il ne fallait jamais lui parler au risque d’être dévoré.

Pour vaincre ce fantôme, il est préconisé de juter de l’eau chaude, mais il n’existe pas de réelle protection contre elle.

Il est raconté l’histoire de Tsurara Onna. Une « Femme stalactite », née d’une stalactite détachée par un homme qu’elle va épouser. Ce dernier lui demande de prendre un bain chaud pour se relaxer, ou calmer ses ardeurs, ou parce qu’il ne l’a jamais vue se laver. La kaida-de-kobayashi-yuki-onna-fantomeTsurara Onna fond alors dans le bain. Mais si elle n’a pas fondu totalement, elle pourra se re-transformer en stalactite afin de transpercer le cœur de celui qui l’a trahie.

Yuki Onna est un personnage légendaire très présent dans la société japonaise. On parle d’elle dans des films comme « Kwaidan » de Kobayashi (basé sur le livre de Lafcadio Hearn) ou « Dreams » de Kurosawa.

Dans des mangas et animes comme Bleach, Ranma ½ ; Yu Yu Hakusho ; One Piece ; Yuyu Hakusho ; Détective Conan ; Rosario + Vampire ; Nurarihyon no Mago ; Inu X Boku SS ; Les Supers Nanas Zeta ; et Yokai-Watch.

Dans les jeux vidéos comme Shinobi 3D, Might and Magic Heroes VI ( Ubisoft et Black Hole Entertainment) ; Letty Whiterock du jeu Touhou Project ; Yume Nikki ; et dans entre autre Momartik dans Pokémon 4ème génération.

SOURCES DE JAPAN ACTIVATOR 

 

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