La Mort, un symbole universel

La mort est une conception abstraite qui peut être définit de différente façon. Elle est présente dans diverses cultures et civilisations du monde. Elle peut être représentée, soit comme une âme noire venant chercher les mourants, soit plus scientifiquement par la fin de la vie.

Il existe toute une symbolique derrière l’idée de « La Mort ». Deux univers s’affrontent, la raison et le spirituel. La mort prend place dans l’univers et dans la vie de chacun, car toute chose à une fin. Chaque individu se fait une image de la mort, d’après sa propre culture, éducation et existence.

MortL’un des aspects de la mort fait partie de l’univers scientifique. En médecine,  la mort est la cessation de l’activité des organes, tels que le cœur, le cerveau où le système nerveux. Cet aspect de la mort est définit comme une mort somatique c’est-à-dire l’arrêt du fonctionnement de l’organisme.

Dans la spiritualité, la mort est représentée par la séparation du corps et de l’âme. Sorte de voyage astral. Cette croyance est présente dans de nombreuses religions du monde et fait partie des traditions. Mais chaque tradition voit les choses selon l’histoire de son peuple, c’est-à-dire en fonction des rites rendant hommage aux morts.

Le mythe de la Faucheuse

L'Ankou représenté sur l'ossuaire de La Roche-Maurice
L’Ankou représenté sur l’ossuaire de La Roche-Maurice

Allégorie de la mort, la Faucheuse est représentée comme un personnage mystérieux, puissant et effrayant. Drapée d’une cape noire recouvrant un corps squelettique, la faucheuse est à la main une fauche lui permettant de récupérer les âmes des défunts.

Ce mythe remonte au Moyen Age prenant sa source en Italie. On retrouve la faucheuse dans de nombreuses représentations graphiques tel que la peinture de Pieter Bruegel l’Ancien, peintre flamand du Moyen age, entre 1525 et 1569 avec Le Triomphe de la Mort. Ou bien vers 1350, le Triomphe de la Mort, le Jugement Dernier et l’Enfer d’Andrea Orcagna, peintre italien.

La Faucheuse est également appelée Ankou (en celte), elle symbolise la Mort qui capture les âmes cependant, on trouve une autre appellation à la Faucheuse : Ange de la Mort. Représentée, comme un être maléfique dans la légende bretonne, la Faucheuse inspire la crainte et la peur.

L’ange de la Mort

L’ange de la mort a la même symbolique et fonction que la mort elle même. Cependant, l’ange de la mort prend naissance dans plusieurs religions du monde.

Toutefois, dans la mythologie, l’ange est représenté avec des ailes et une faux. Les grecs appellent cet ange Thanatos, terme venant du grec ancien. C’est la personnification de la Mort dans la mythologie grecque. Le poète épique grec, Homère chante Thanatos en le désignait comme le frère jumeau de Hypnos, la divinité du sommeil.

Thanatos (en grec ancien Θάνατος Thánatos) est la personnification de la Mort
Thanatos (en grec ancien Θάνατος Thánatos) est la personnification de la Mort

Les historiens et écrivains de la Grèce Ancienne définissent Thanatos comme une divinité au cœur de pierre avec des entrailles d’airain. La représentation de Thanatos est sombre, il aurait une figure noire avec des pieds tordus, certain peuvent le comparer au Diable.

Les morts dans les religions du monde

Dans le Bouddhisme, la mort est un passage vers une autre vie. La mort est suivie d’une réincarnation dans une existence plus ou moins bonne selon la vie que l’on a mené auparavant.

Dans le Livre des morts tibétains, la description du passage d’une vie à une autre est expliquée et décrite avec précision. Des conseils sont données sur la manière de d’atteindre ce entre deux vers l’au-delà ce qui nécessite l’abandon de soi et de toute chose.

Dans l’Hindouisme, la mort est aussi le chemin vers une nouvelle vie, très différente de celle déjà vécue. D’une manière simple, si le karma de l’individu est bénéfique, il peut aspirer à une vie meilleure, cependant si son karma est mauvais (non maléfique, ce serait un terme inappropriés), alors il peut avoir une vie pire que celle qu’il a eu afin de le punir de ces péchés précédents.

Dans le Christianisme, la mort est la fin, il n’y a pas de réincarnation. Les chrétiens à leur mort sont guidés vers le paradis pour les ceux qui se sont absous et vers l’enfer pour les non croyants ou pêcheurs. Le paradis est également appelé le Royaume de Dieu accueillant tous ces enfants. Tandis que l’enfer, damnent tous les autres.

Le quatrième cavalier de l'Apocalypse, Mort, sur le cheval pâle - Gravure de Gustave Doré (1865)
Le quatrième cavalier de l’Apocalypse, Mort, sur le cheval pâle – Gravure de Gustave Doré (1865)

Dans l’Apocalypse selon Saint Jean, le quatrième chevalier de l’Apocalypse est la Mort. Apparaissant sur un cheval verdâtre, il a l’aspect d’un cadavre avec un teint très pâle et des membres pollués.

Il laisse derrière lui, une odeur macabre et désagréable. Commandant les trois autres chevaliers de l’Apocalypse, c’est-à-dire la Famine, la Guerre et le Conquérant, ils amèneront la destruction sur terre.

Dans la religion Islamique, le mourant récite une prière avant de partir. Une fois la mort arrivée, celui-ci est lavé et enveloppé d’un linge blanc d’une épaisseur variant selon le sexe du mort (cinq pour les femmes et trois  pour les hommes). Après ce rituel, les morts sont inhumés.

Dans la religion judaïque, c’est la séparation du corps et de l’âme. L’âme peut aller dans trois directions différentes, soit le ciel, l’enfer ou errer à jamais sur terre. Toutefois, le Talmud évoque deux traditions en rapport avec la mort.

D’un côté, on a une résurrection sur terre et de l’autre, le monde futur. En hébreu, le schéol est un grand tour noir laissant penser que ‘il n’y a plus rien après la mort.

Mais un principe dit que : Je crois en la résurrection des morts lorsque Dieu le voudra. Au jugement dernier, après la venue du messie, les morts reviennent sur terre.

En Chine, le souffle de la vie qui veut dire l’âme est appelé Qi. Le Qi quitte le corps du défunt pour s’élever. Selon les rituels pratiquaient par la famille, l’esprit peut rester sur terre ou monter au ciel. Mais cet esprit peut également devenir bon ou mauvais, faisant des esprits frappeurs.

En Egypte ancienne, les rites funéraires étaient très minutieux et élaborés. Les croyants pensaient que l’âme appelée aussi force vitale, était faite d’éléments psychiques différents dont le plus important était le Ka.

Le Ka est ce qui va au royaume des morts. Mais il fallait une séparation réelle et totale du corps et de l’âme, c’est pour cette raison qu’ils embaumaient les morts afin de laisser partir le Ka sans être retenu sur terre.

Scène issue du papyrus d'Hounefer montrant la pesée du cœur lors du jugement de l'âme.
Scène issue du papyrus d’Hounefer montrant la pesée du cœur lors du jugement de l’âme.

Afin que le voyage vers le royaume des morts se passe bien, la famille déposait des textes funéraires en outre le Livre des Morts, un guide réservé au monde des morts et permettant de surmonter les dangers.

Une fois arrivée au royaume des morts, le Ka était jugé par Osiris, le roi des morts, pouvant le conduire à la Grande dévorante, un monstre qui dévore les âmes où bien vers le Royaume céleste des champs fertiles de Yaru.

La mort accompagne des rites et des traditions réelles. Par exemple, à l’île de la Réunion (France), une veillée est faite durant 24 heures pour honorer le mort. Durant ces vingt-quatre heures, des prières sont récitées par les amis et la famille.

Au Japon, le deuil porte la couleur blanche alors que dans d’autres sociétés le noir prime. Chaque pays à ces habitudes mais d’une manière générale, il est coutume de rendre hommage aux morts.

Tout comme il est coutume de rendre hommage aux morts, il existe une préparation à la mort. Le rituel du renoncement dans l’Hindouisme, le renonçant accepte la mort par la méditation (cela peut aller jusqu’à la mort volontaire).

Le pèlerinage dans la religion islamique est une métaphore de la mort. Le pèlerin dit au revoir à ses amis, sa famille comme s’il allait tout quitter.

Dans certaines les sociétés africaines, les jeunes hommes sont envoyé dans la jungle pour devenir un homme, c’est la mort de l’adolescent pour laisser place à l’adulte. De plus, les garçons âgés de 10/12 ans sont peints en blanc comme les morts.

Dans le christianisme, il y a le culte de la mort de Jésus et sa résurrection mettant le croyant face à sa propre mort.

En France, Collin de Plancy raconte qu’un homme armé et habillé en cape était allongé sur le lit de parade du noble lors de l’enterrement afin de la représenter.

Dans l’ancienne contrée de l’Asie Orientale (Bactriane), les bactriens mangeaient les morts pour acquérir leurs qualités. D’autres nourrissaient les chiens de leurs défunts, faisant d’eux les gardiens des morts.

La représentation de la Mort dans la peinture

Il existe de nombreuses peintures représentant la Mort. Chaque peintre situe ce personnage en premier plan avec une idée personnelle de la Mort, de son existence et de son rôle.

Certains peintres mettent la mort en second plan, tel un courroux qui plane au dessus de la vie de l’homme ou de la femme faisant face à sa propre mort ou au personnage de la Mort elle-même.

Le peintre néerlandais, Jérôme Bosch (v. 1450-1516) est célèbre pour son iconographie fantastique mettant en scène des personnages énigmatiques et mystérieux. Sa peinture La mort de l’avare décrit le décès du vieil homme et ses principes religieux.

Les trois âges de la femme et la Mort
Les trois âges de la femme et la Mort

Les trois âges de la femme et la Mort du peintre allemand Baldung-Grien, montre les trois périodes de la vie d’une femme : petite fille, femme et vieille dame. La mort est présente tout au long de la vie de celles-ci, mais c’est à un âge avancé qu’elle aperçoit la Mort. Cette œuvre est aussi appelée Les trois âges et la Mort.

De nombreuses peintures évoquent La Mort et la Jeune Fille. Berne, Egon Schiele, Marianne Stokes, Edvard Munch, Niklaus Manuel Deutsch, Joseph Beuys ainsi que Hans Baldung Grien ont peint leur vision de la Mort et de la femme.

Il existe une forte symbolique derrière chaque peinture indiquant la présence de la Mort tout au long de la vie de chacun et non uniquement de celle de  la fille sur le tableau. Il y a un sens caché mettant l’être humain face à sa mort et à son destin.

Néanmoins, il y a un aspect plus érotique de la Mort et de la jeune fille, que le peintre Edvard Munch représente lorsque la fille embrasse la Mort.

De plus, des bandes dessinées racontent la vie de la mort, avec des péripéties, des remises en questions, etc. Les chroniques de La Légende de la mort sont une série de bandes dessinées de Christophe Babonneau.

Cet auteur s’est inspiré des témoignages et des contes parlant d’Ankou. Ankou est le serviteur de la mort dans les légendes bretonnes récoltant les âmes des défunts.

Il existe des centaines de mangas japonais et coréens sur la faucheuse, tels que Death not, un jeune homme trouve un carnet dont les noms des personnes sont inscrits, l’obligeant à mettre fin à leur jour. Ou Shinigani, manga japonais qui parle d’un ange de la mort recueillant les âmes.

La mort à la télévision

La faucheuse est également représentée dans des séries télévisées telles que Dead like me, Medium, Haunted, etc.

001-dead-like-me-theredlistDead like me a été créée par Bryan Fuller en 2003.  La « Grande Faucheuse » est le thème et le personnage de la série. Dans « Dead Like Me », la mort est vue d’une toute façon, la légende ancienne est remise en question.

Médium est né du cerveau de Glenn Gordon Caron avec Patricia Arquette, Allison Dubois est assistante du procureur, elle communique avec les morts ce qui lui permet de résoudre des affaires criminelles. Le personnage de la série existe réellement, la série relate la vie de cette femme qui a des pouvoirs de médiumnité.

Les Contes du Disque-Monde écrit par Térry Pratchett a été produit pour la télévision par Rod Brown et Ian Sharples. La Mort doit prendre le costume du Père Porcher, sorte de Père Noël,  afin de distribuer les cadeaux aux enfants parce que celui-ci a faillit ne pas exister. La Mort se bat pour que les légendes existent.

Tru Calling : compte à rebours créée par Jon Harmon Feldman, parle d’une étudiante en médecine qui travaille dans une morgue pour avoir de l’expérience. C’est alors que les morts lui demandent de l’aide afin de ne pas mourir. Elle devra faire face à la mort, un homme qui a le même don qu’elle met qui met fin aux jours des gens.

Enfin, Haunted, créée par Andrew Cosby et Rick Ramage relate la vie d’un ancien flic revenu du monde des morts avec le don de voir et de parler avec eux. Ce détective va être amené à résoudre des affaires très étranges en rapport avec l’occultisme.

SOURCES 

Encyclopédie de l’Agora : Bibliographie conseillée 

  • Philippe Ariès, Essais sur l’histoire de la mort en Occident du Moyen-âge à nos jours, Seuil, 1975.
  • Philippe Ariès, L’Homme devant la mort, Seuil, 1977 (tome 1: Le temps des gisants; tome 2: La mort ensauvagée).
  • S. Lewis, Apprendre la mort (A Grief Observed). Traduit de l’anglais par J. Prignaud et T. Radcliffe, Cerf, 1974.
  • Michel Vovelle, La mort et l’Occident de 1300 à nos jours, Gallimard, 1983
  • Michel Vovelle, Les âmes du Purgatoire, Gallimard, 1996.
  • Michel Vovelle, L’heure du grand passage – Chronique de la mort, Gallimard, 1993.
  • Michel Vovelle, Mourir autrefois, Gallimard, 1990.
  • Reinhart Koselleck, L’expérience de l’histoire: Les monuments aux morts, lieux de fondation de l’identité des survivants,Gallimard-Seuil, 1997.
  • Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort, Gallimard, 1976.
  • Edgar Morin, L’homme et la mort, Seuil, 1970.
  • Michel Lauwers, La Mémoire des ancêtres, le souci des morts. Morts, rites et société au Moyen-âge, Beauchesne, 1997.
  • Robert Sabatier, Dictionnaire de la mort, Albin Michel, 1967.
  • Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la mort, Payot, 1975.
  • Louis-Vincent Thomas, Rites de mort, Fayard, 1985.
  • Jean Ziegler, Les vivants et la mort, Seuil, 1975.
  • Pascal Hintermayer, Politiques de la mort, Payot, 1983.
  • Ruth Menahem, La mort apprivoisée, Éditions universitaires, 1973.
  • Michel de M’Uzan, De l’art à la mort, Galimard, 1977.
  • Michel Picard, La Littérature et la mort, PUF, 1995.

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